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Trois Primitifs Les Grunewald du Musee de Colmar le maitre de Flemalle et la Florentine du Musee de Francfort sur le Mein Huysmans J K

Trois Primitifs - Les Grünewald du Musée de Colmar, le maître de Flémalle et la Florentine du Musée de Francfort-sur-le-Mein
Huysmans, J.-K.


Librairie Léon Vannier, éditeur, Paris, 1905.


In-8, broché, 106 pp.
Première édition. Avec 6 planches en noir et blanc en hors-texte en phototypie.
Assez bon état. Dos un peu passé avec petites déchirures, couverture légèrement salie.


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I. Les Grünewald du Musée de Colmar II. Francfort-sur-le-Mein. - Notes.


Contrairement au jeune Louis Gillet, Huysmans avait été ulcéré par l'exposition des Primitifs français, organisée en 1904 par Henri Bouchot.  Dans le troisième de ses recueils artistiques, Trois Primitifs, publié en 1905, il fustigera encore les "turlutaines patriotardes" et autres  "assertions fantaisistes consignées par M. Bouchot dans le catalogue de l'exposition des Primitifs français, au pavillon de Marsan. Voulant, à tout prix, inventer des Primitifs français, il affirme -sans fournir aucune preuve, du reste- que le maître de Flémalle relève de l'Ecole d'Arras - et il ajoute qu'il a subi l'influence des artistes français, qu'il a vécu entre 1425 et 1450 dans l'Artois et qu'il est peut-être même venu à Paris. L'on se demande, ajoute Huysmans, de quels artistes français -lesquels étaient à cette époque des élèves ou des imitateurs des Flamands ou des Italiens- le maître de Flémalle a bien pu s'inspirer? "


Contrairement à L'art moderne et Certains, Trois Primitifs abandonne l'art de son temps pour plonger dans l'art mystique du Moyen Age et de la Renaissance. L'ultra-réalisme de Grünewald transporte Huysmans aux limites du visible, vers "l'effusion de la divinité." Sans renoncer à l'idée que le critique doit offrir une transposition littéraire de l'oeuvre d'art, afin de rendre la peinture visible au lecteur, Huysmans soumet en partie l'écriture "artiste" de cet essai à de nouvelles exigences catalographiques et érudites.


Comme le rappelle Patrick Locmant, la conversion de Huysmans au catholicisme n'était pas étrangère à sa découverte de la Crucifixion de Grünewald, lors d'une visite du musée de Cassel, en 1888. Ce tableau fut une révélation pour l'écrivain, qui consacra le premier chapitre de Là-bas à cette oeuvre. Quinze ans plus tard, il découvre à Colmar le retable d'Issenheim. Peu après, de passage à Francfort, il est fasciné par une Vierge du maître de Flémalle et le portrait d'une Florentine anonyme au musée de la ville. A partir de ses notes de voyage et d'abondantes lectures en histoire de l'art, il écrira  deux études : "Les Grünewald du musée de Colmar" et "Le maître de Flémalle et La Florentine du musée de Francfort-sur-le-Main". En 1905, trois ans avant sa mort, Huysmans les réunira dans un nouveau recueil : Trois Primitifs. Sa conversion religieuse est aussi une conversion esthétique."La peinture n'a plus pour vocation de restituer une réalité concrète, par l'emploi du réalisme ou du symbole, mais au contraire de sublimer le réel pour rendre visible un au-delà de la peinture et incarner dans la couleur, la lumière, les formes, un sentiment religieux." (Patrice Locmant, J.-K. Huysmans, Ecrits sur l'art, éd. Bartillat, 2006, p. 33)



 



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