Boudou, Dominique et Lefrançois, Michèle
Paul Landowski - Le Temple de l'Homme
Les sculptures, selon le point de vue de l'auteur des Hommes de bonne volonté, n'existent réellement que dans la mesure où elles possèdent, à l'égard de leur époque, le pouvoir d'en exprimer avec force "les tendances, les aspirations, l'idéal ; parfois aussi les désenchantements, les angoisses, les terreurs." Romains interprétait ainsi la non réalisation du Temple de l'Homme comme un symptôme moral de son temps, rien moins : "Je ne crains pas de dire que c'est un des regrets principaux que laissera en héritage cette époque - à laquelle n'ont pourtant manqué ni les déceptions, ni les faillites, ni les écroulements. Si le Temple de Landowski était actuellement debout, conforme à sa conception première, beaucoup de choses seraient pardonnées à notre temps [...] Le Temple de l'Homme, lui, eût été, authentiquement, ce que les Anciens appelaient une des "merveilles du monde". Que l'avenir nous pardonne! (S'il ya a un avenir)."
On sera moins confondu par la démesure de ce jugement mélancolique, si l'on se rappelle que Jules Romains assimilait dans ce même écrit l'art moderne à une "terrible maladie".