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Jean Van Eyck son oeuvre son style son evolution et la legende d un frere peintre Renders Emile

Jean Van Eyck, son œuvre son style son évolution et la légende d'un frère peintre
Renders, Emile


Firme Charles Beyaert, Bruges, 1935.


Grand in-4, reliure toile éditeur de couleur rouge, dos avec deux filets et titre dorés, couverture conservée, 136 pp.
Edition originale. Un des 500 exemplaires sur papier "Excelsior Featherweight Antique" (n°37/500). Avec 18 grandes planches en noir et blanc en hors-texte.
Bel exemplaire. Toile légèrement insolé, intérieur en très bel état.


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Avant-propos, chapitre I. Aperçu général du problème : Hubert-Jean van Eyck, chapitre II. Les hésitations, les tâtonnements et les contradictions dans les attributions, chapitre 3. Le style et les quatre périodes de Jean van Eyck à travers son évolution, chapitre IV. Démonstration de l'unité de l'oeuvre Eyckienne et Analyse des planches, Conclusions et Morale.


A Bruges puis à Bruxelles, Emile Renders (1872-1956), banquier fortuné, avait fini par réunir une des principales collections de Primitifs flamands dans la Belgique de l'entre-deux-guerres. Sa réputation de connaisseur de l'art flamand était à ce point reconnue, que sa collection reçut la consécration suprême lorsque l'Etat belge l'exposa à Londres en 1927. La réputation de polémiste de Renders n'était plus à faire tant il défendit ses thèses avec une énergie peu coutumière dans le milieu des historiens d'art professionnels. Publiée la même année que cet essai sur Van Eyck, la virulence langagière -proche de l'invective- de sa Lettre ouverte à Jules Destrée, une manoeuvre régionaliste en marge de l'exposition "Cinq siècles d'art" (1935) sidère encore le lecteur d'aujourd'hui et fait de ce personnage emporté une sorte de capitaine Haddock de la critique d'art. Cette passion sans limites connut aussi ses zones d'ombres peu reluisantes pendant la Seconde Guerre mondiale riche en trafics éhontés d'oeuvres d'art ; Haddock se retire alors pour cèder la place aux frères Loiseau voire aux autorités bordures. "Après d'âpres négociations, qui durèrent plusieurs mois entre 1940 et 1941, Emile Renders vendit l'ensemble de sa collection de Primitifs -vingt tableaux- au maréchal Goering [...] Une partie de sa collection fut transférée dans sa résidence de Karinhall, l'autre vendue ou échangée pour des oeuvres de maîtres anciens. L'un des principaux intermédiaires entre Goering et Renders était un certain Alois Miedl, homme de confiance du maréchal, qui avait fait main basse à Amsterdam sur la firme Goudstikker." (L'Affaire Van der Veken, Musées royaux des Beaux-Arts, Bruxelles, Institut royal du patrimoine artistiques, 2005)
A la Libération, l'Office de Récupération économique (ORE), chargé de retrouver les biens spoliés à l'Etat belge, put remettre la main sur une dizaines d'oeuvres que l'on peut voir dans les musées de Tournai, Anvers, Bruges et Bruxelles. "Emile Renders intenta un procès à l'Etat belge, arguant du fait qu'il n'avait jamais été payé lors de la vente de sa collection. La vérité éclata au grand jour, lorsqu'on découvrit, dans les archives de Goering, des lettres qui établissaient qu'en 1943, le Brugeois avait entamé d'autres négociations avec le maréchal, lui proposant d'acheter sa collection de sculptures gothiques. Renders contre-attaqua, mais à nouveau son action en justice fut rejetée." (ibid., p. 7)
Renders s'était lié et associé précocement au le restautateur Joseph Van der Veken (1872-1964), dont l'une des spécialités était l'hyperrestauration, "soit la récupération d'un tableau ancien qui servira de support à une réalisation nouvelle". La Madone Renders offre l'exemple achevé de cette pratique frauduleuse. Une partie conséquente des Primitifs vendus à Goering, déjà exposés à Londres en 1927 et à Bruxelles en 1935,  étaient donc des tableaux partiellement faux!
Deux ans avant cette publication, Renders avait déjà consacré en 1933 un ouvrage à Hubert Van Eyck, afin de démontrer que l'existence de ce frère n'était qu'une légende et que l'oeuvre revenait entièrement au seul Jan, son "unique auteur". L'avant-propos révèle la verve polémiste de l'auteur : "[...] Nous complétons notre volume sur Hubert, -une analyse des documents écrits- par une étude des oeuvres peintes [...]. Travail ardu et coûteux, -nous en avons l'expérience- mais que nous poussâmes avec ardeur au lendemain d'une suite d'encouragements qui nous firent comprendre que, tout de même, en Belgique des savants qui se tiennent à l'abri d'un certain clan inféodé à ce qu'on est convenu d'appeler la science officielle, avaient ouvert les yeux et désiraient sanctionner notre effort de leurs sympathie et de leurs suffrages.
"Quelques professeurs l'eussent volontiers étouffé s'ils s'en étaient senti capables, cependant que, par des moyens que nous ne qualifierons pas aujourd'hui, ils cherchent à en écarter leurs élèves, les membres de leurs institutions officielles et jusqu'à nos propres amis et collaborateurs. Tristes procédés révélant tout simplement leur impuissance à mener campagne de front et visière levée contre une thèse qui les gêne, qui les désoriente, qui bouleverse leurs méthodes d'enseignement calquées sur celles qui ont cours depuis un siècle, et qui rectifie les erreurs qu'ils ont propagées à leur tour."
 

 



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